Moi, Stéphanie (aka Elaura),
administratrice du forum www.bit-lit.com,
rédactrice chez Onirik,
ma vie, mon œuvre, mes bafouilles.


De manière plus intime,
ce petit blog sans prétention est mon coffre à jouets.
J'y mets mes envies, mes lubies et mes coups de cœur,
sans logique ni plan sur la comète,
juste l'envie de partager avec vous mon joyeux bordel cérébral et affectif à travers
les livres, films, musiques qui croisent ma route.

Bonne visite ;-)

A chaque film il y a un comic... ou un truk du genre.

mercredi 7 décembre 2016

Gris présages



Meg Corbyn
Tome 3: Gris présages

de Anne Bishop

Éditions Milady

Sortie le 23 septembre 2016
Format poche / 571 pages / Prix 8,20 €



Présentation de l'éditeur :

Depuis que les Autres ont libéré les cassandra sangue de l’esclavage, les fragiles prophétesses du sang courent un grave danger. Simon Wolfgard, chef des terra indigene de l’Enclos de Lakeside, n’a d’autre choix que de faire appel à Meg Corbyn. En effet, les entailles de la jeune femme révèlent d’étranges visions qui sont pour Simon le seul espoir de mettre un terme au conflit. Son sacrifice est nécessaire, car l’ombre de la guerre s’étend de l’autre côté de l’Atlantik, et les conspirations d’un groupuscule extrémiste menacent de la propager à Thaisia...
« Combinant intrigues, suspense, noirceur et romantisme, l’écriture d’Anne Bishop ne cesse de nous surprendre et de nous enchanter. » Heroes and Heartbreakers
« Une histoire fascinante, drôle, intense et excitante dans un univers complexe. » The Reading Café
« Anne Bishop crée des univers avec un talent unique. » Fresh Fiction


Mon avis :

Troisième opus de la série Meg Corbyn, Gris Présages est certainement le plus sombre des trois. En effet, les cassandra sangues ont été libérées, mais leur souffrance est toujours là et elles courent toujours un grave danger. Même Meg, le jouet qui couine préféré de l'enclos de Lakeside, va mal. Le mouvement humain HAT prend de l'ampleur et leurs membres vont commettre des actes qui changeront définitivement le regard des Autres sur les humains. Les conséquences seront forcément funestes.

Gris Présages se présente presque comme un roman de transition et pose les jalons de la tempête à venir. Si le ton est bien plus grave que dans les précédents romans, il n'en reste pas moins passionnant à lire. Et si les pensées et les réparties des terra indigene portent souvent à sourire, l'émotion principale qui se dégage est la tristesse. À cause de la douleur de Meg et de ses sœurs, à cause du comportement des humains envers les Autres et l'incompréhension qui en découle, à cause des atrocités commises. On referme le livre un peu assommé, mais la petite note d'espoir avec laquelle il se termine, permet encore un peu de croire en une paix possible.
Toujours est-il que le manque se fait sentir et que nous espérons follement que la suite arrive très vite.
 





8,20 EUR
Achat Fnac

lundi 28 novembre 2016

The Air He Breathes



The Air He Breathes
de Brittainy c Cherry

Éditions Hugo Roman

Sortie le 7 juillet 2016
Format broché / 360 pages / Prix 17,00 €



Présentation de l'éditeur :

Tristan et Elizabeth sont voisins, ils n'ont rien en commun à part leur passé douloureux. Elle a choisi de continuer à vivre ne serait-ce que pour sa petite fille Emma. Il a choisi de s'extraire du monde. Mais Elizabeth ne l'entend pas de cette façon. Elle sait qu'ils sont tous les deux en miettes et qu'ensemble ils seront plus forts pour affronter leurs fantômes. C'est sans compter avec toutes les embûches que les habitants de leur petite ville vont mettre sur leur route. Ensemble, ils sauront vaincre les idées reçues.

Mon avis :

Premier opus de la série Elements, The Air He Breathes nous parle de deuil et de reconstruction. Au premier abord, il paraît difficile de se plonger dans un roman avec un sujet aussi triste. Pourtant, même si l'émotion est présente à chaque page, l'auteur évite l'écueil du pathos et du mélodrame pour nous offrir une très jolie histoire. Elizabeth et Tristan sont des personnages détruits par la vie, par la perte d'êtres aimés, mais qui, ensemble, vont tenter de se reconstruire.

Leur relation ne sera pas facile, car laisser de la place à l'autre quand son cœur est en morceaux n'est pas aisé, le fantôme de l'être perdu étant toujours présent. Le regard de l'entourage et le jugement qui en découle entacheront souvent leur histoire. Et c'est ce qui fait la force de cette romance, l'amour, le désir et l'acceptation n'arrivent pas sans douleur, sans difficultés, en omettant au bout de quelques pages que nous avons à faire à des personnes endeuillées.

L'ensemble est tout de même parsemé de moments cocasses et pleins d'humour, notamment grâce à la présence de personnages secondaires hauts en couleur.

Une très jolie lecture donc, pleine d'émotion et de tendresse.




mardi 25 octobre 2016

Meg Corbyn tome 2 : Volée noire



Meg Corbyn
Tome 2: Volée noire

de Anne Bishop

Éditions MILADY

Sortie le 23 octobre 2015
Format poche / 480 pages / Prix 8,20 €



Présentation de l'éditeur :

Grâce à son don de clairvoyance, Meg Corbyn a gagné sa place auprès des dangereux terra indigene de Lakeside. Lorsque l’apparition d’une nouvelle drogue violente et addictive remet en cause le pacte fragile entre Autres et humains, la petite ville est de nouveau plongée dans la tourmente. Les aptitudes de Meg devraient permettre à Simon Wolfgard, dirigeant métamorphe de l’enclos, d’éviter un bain de sang. Mais encore faut-il pouvoir déchiffrer ses visions à temps. D’autant que l’homme qui veut récupérer la prophétesse se rapproche, mettant en péril les vies de tous ceux qui la considèrent à présent comme l’une des leurs.
« Par moments brutalement réaliste, il se dégage aussi une certaine mélancolie de ce roman centré sur le combat d’une jeune femme en quête de liberté. À ne surtout pas manquer ! » Romantic Times
« L’un des meilleurs romans de bit-lit de tous les temps. » All Things Urban Fantasy

Mon avis :

Second opus de sa série Meg Corbyn, l'auteur nous offre encore une fois un magnifique moment de lecture. Nous retrouvons notre Meg, la cassandra sangue de l'enclos de Lakeside et les terra indigene dont nous avions fait la connaissance dans le premier tome. La vie tranquille de l'enclos, que la présence de Meg a quelque peu chamboulé, semble bien loin à présent. En effet, de nouvelles drogues ont fait leur apparition et Simon, Meg, ainsi que sa meute humaine devront tout faire pour éviter un bain de sang, d'autant plus que le Contrôleur, l'homme qui dirige l'institution de Meg, met tout en œuvre pour la retrouver.

Si le premier roman de la saga nous avait surpris par sa nouveauté et le vent de fraîcheur qu'il apportait dans le genre de l'urban fantasy, Volée noire confirme la richesse, l'ingéniosité et la qualité d'écriture indéniable de l'auteur. Dès les premières pages, nous plongeons tête la première dans l'histoire et n'avons aucune envie d'en sortir. Que ce soit notre Meg, Simon ou les autres personnages, tous nous émeuvent, nous troublent et à aucun moment nous trouvons leur présence ennuyeuse ou déplacée, et ça, c'est la preuve d'un véritable talent. 

Voilà un grand roman qui fait la part belle à l'émotion sous toutes ses formes et, surtout, un univers passionnant qu'il est très difficile de quitter.



8,20 EUR
Achat Fnac

mercredi 28 septembre 2016

Lulu par-ci, Lulu par-là, et le Diable dans tout ça ? Partie I


S'il est un être mythique, mythologique, religieux, réel (raye la mention inutile) qui crève l'écran à l'heure actuelle, c'est bien notre bon vieux Lucifer. À bien y repenser, il erre depuis longtemps dans notre imaginaire, dans la littérature, au cinéma, à la télévision, bref, il est partout, et s'il y a une chose que Lulu aime par-dessus tout, c'est d'être au centre de nos pensées.

Il a pris de multiples formes et autant de visages, mais certains nous ont marqué plus que d'autres : Al Pacino, mémorable dans L'Associé du Diable, Robert De Niro, mystérieux dans Angel Heart, ou plus récemment Mark Pellegrino, totalement irrésistible dans Supernatural. Il fascine à chaque fois, surprend par son intelligence, nous révulse par sa cruauté, mais, à aucun moment, nous n'arrivons à le détester vraiment. Il est même très charismatique et exerce sur nous une attraction morbide, malsaine… alors oui, les bad boys sont quand même (et toujours) les plus sexy et les plus intéressants dans une fiction, mais là, on parle du Diable. De Lucifer. Du Prince des enfers. Du Mal à l'état pur etc., blabla, prout prout. C'est quand même à cause de lui que nous avons perdu le paradis... ou pas... parce que finalement Èvea bien aimé la saucisse, enfin le serpent... pardon la pomme, bien sûr.


Alors pourquoi ? Ou devrais-je dire : par quel miracle trouvons-nous le Diable toujours plus bandant que les gentils ? Est-ce un reste de culture antique pour qui Lucifer était avant tout celui qui apportait la connaissance (et donc la lumière) ou est-ce la faute du très pieu John Milton qui fit de Satan le grand héros de son Paradis perdu ? Peut-être incarne-t-il tout simplement le côté obscure de notre humanité (et donc le plus passionnant dans son sens premier) ? Bref, il est difficile de s'y retrouver et de comprendre cette étrange attraction.

Quand on s’intéresse aux origines du personnage, c'est encore plus confus. Soyons honnêtes, nous avons du mal à savoir si Lucifer est réellement mauvais ou si c'est juste une invention pour faire peur aux pauvres mortels que nous sommes et, surtout, si nous parlons vraiment d'une seule et même entité.
Mais revenons à ses débuts sur scène : Lucifer (du latin lux, « lumière », et ferre, « porter », signifiant « Porteur de lumière ») est, dans la mythologie des premiers monothéistes abrahamiques, la figure lumineuse du Malin, c'est-à-dire le Diable dissimulé derrière un aspect angélique. Ce personnage est évoqué dans la bible : « Satan lui-même se camoufle en ange de lumière. » (2 Corinthiens 11:14).
C'est chez le peuple juif qu'on parle de Lucifer pour la première fois, à l'époque d'Isaïe, aux alentours du VIIIe siècle av. J.-C. Dans la pensée de ce judaïsme tardif, les démons sont regardés comme des anges déchus, complices de Satan et devenus ses auxiliaires. Pour évoquer leur chute, on utilise l'imagerie mythique de la guerre des astres (cf. Isaïe 14:12).
Le Lucifer d'Isaïe est, à ces époques anciennes des prophètes juifs, déjà assimilé par la tradition juive à Satan et présenté un peu plus tard, entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IVe siècle av. J.-C. dans le livre d'Hénoch, comme un puissant archange déchu à l'origine des temps pour avoir défié Dieu et ayant entraîné les autres anges rebelles dans sa chute. 

Lucifer par Guillaume Geefs - Cathédrale Saint-Paul de Liège

Je ne vais pas te citer des extraits du livre d'Hénoch, d'Ezéchiel ou de celui d'Isaïe, cela risque de t'ennuyer si tu t'intéresses peu à la genèse de Lulu (cela dit, à la demande, je peux écrire un second article d'approfondissement sur la question... à condition que je puisse utiliser des gifs salaces évidemment), mais grosso modo et en résumé : Lucifer est un petit merdeux prétentieux qui aimait sincèrement son papounet d'amour, mais qui s'est rebellé quand celui-ci a demandé à sa création céleste de courber l'échine devant sa création préférée : nous. Le con. Évidemment que cela pouvait déranger un brin ses premiers enfants. On ne demande pas aux aînés de supporter à longueur de journée les conneries des cadets sous-développés. Alors Lucifer, pour emmerder papounet, a montré son gros serpent à Ève.  


Ève a d'abord été très surprise puis s'est laissé tenter. 


Et boum. La chute. La nôtre et celle de Lulu. Tu me suis ?

Alors, vu sous cet angle, on a du mal à lui en vouloir à Lulu. C'est un rebelle et tout le monde aime les rebelles. Mais pourquoi la figure de « Roi des enfers » lui colle-t-il à la peau ?

Chassé du paradis, Lucifer est envoyé parmi les Hommes et n'aura de cesse de vouloir nous tourmenter. L'enfer, selon la tradition chrétienne, représente les limbes dans lesquelles les âmes attendent leur rédemption, mais c'est aussi le lieu de châtiment de Satan et de ses anges déchus ainsi que de toutes les âmes des mortels pécheurs et non-repentis. Pas étonnant que l'archange en ait pris la direction. Les églises orthodoxe et catholique s'accordent sur le fait que le châtiment, en enfer, est éternel. Mais alors, cela voudrait-il dire que l'enfer serait sur terre ? Bah, on n'en est pas loin.

As-tu déjà entendu parler de la Géhenne ? Le terme Géhenne vient de Gehinnon, une vallée située au sud-ouest de la vieille ville de Jérusalem où furent sacrifié des enfants au dieu Moloch. Ce lieu fut transformé en décharge publique par le roi Josias. À l'époque de Jésus, on y jetait les détritus, mais aussi les cadavres d'animaux morts, ainsi que les corps des criminels exécutés, les jugeant indignes d'une sépulture décente. Ceci pour préserver la ville de toute souillure par rapport au culte rendu au temple et pour lequel la ville devait rester pure. Pour entretenir ce feu continuellement afin de se débarrasser des immondices et éviter les épidémies, on y versait régulièrement du soufre. La géhenne fut ainsi associée au feu qui ne s'éteint jamais. Jésus se servit de ce lieu pour expliquer à ses contemporains que la géhenne symbolisait le châtiment définitif, lieu du feu éternel où, après le Jugement dernier, seront jetés le Diable (appelé également Satan, c’est-à-dire « l'Adversaire »), ses anges et les gens qui sont morts dans leurs péchés (Matthieu, chapitre 25, verset 41) (Réjouis-toi, tu es dispensé du chapitre 20 de l'Apocalypse qui fait état des tourments du Diable et des âmes damnées). Alors oui, métaphoriquement, on peut dire que l'enfer est sur terre. Ou que la Terre est un enfer. Comme tu le souhaites. Ou pas. Ou qu'en fait, le tout est une grosse erreur de traduction. Mais je ne vais pas m'étaler sur le sujet, revenons à notre bouc. 


Satan donc, Lucifer, Belzébuth, qui pour certains démonologues sont en fait trois démons, trois princes des enfers bien distincts, représentent la même entité dans les écritures. Si dans l'antiquité la figure même du roi des enfers faisait partie du décor (Hadès était un dieu comme les autres), c'est au Moyen Âge que la figure satanique prend toute sa substance démoniaque. Il fallait faire peur, l'homme devait par-dessus tout craindre l'enfer et supporter sa vie sur Terre, aussi merdique soit-elle. C'est à ce moment-là que la connotation morale du Mal fait son entrée. 

À cette époque, l'iconographie se concentre sur les aspects les plus désagréables et les plus monstrueux que l'on puisse imaginer. Satan n'a rien d'humain, le lien entre le mal et la bestialité est à son paroxysme, il faut montrer l'enfer pour que le croyant le craigne et agisse, tout au long de sa vie, dans la lumière de Dieu. Dante, dans sa Divine Comédie, présente le diable comme une monstruosité un peu grotesque, immense bête qui dévore les pécheurs. Il est humilié, car il est coincé dans la glace qu'il produit lui-même, il est l'image même de la défaite. 


À la Renaissance, et ce, malgré la découverte des classiques, l'aspect moral marquera à jamais Lucifer comme la bête, le menteur, le méchant de l'histoire et par définition, le vaincu.

Les choses commenceront à changer à la fin du XVIe et au XVIIe siècle avec trois grandes œuvres majeures qui marqueront à jamais la figure luciférienne : la Gerusalemme Liberata de Torquato Tasso (œuvre magistrale traduite en français par La Jérusalem libérée), Le Paradis perdu de John Milton et Le Diable boiteux de Le Sage.


C'est Tasso (appelé également Le Tasse en France) qui entérinera le changement subtil de la figure de Satan dans sa Jérusalem libérée, en s'inspirant directement des classiques de l'antiquité. En effet, la reprise de la tradition classique poussera le poète à réutiliser le nom de Pluton déjà donné à Lucifer à l'époque romaine. Il lui confère également une autorité et une royauté certaine malgré sa chute, majesté qu'il avait perdue au Moyen Âge. Le Diable s'entoure de démons à la mine chevaleresque ; ainsi se met en place une certaine hiérarchie féodale. 
Mais l'élément le plus marquant, c'est que le Satan de Tasso parle. Oui, il a le don de la parole, prérogative des êtres libres et le pouvoir de la parole est énorme. Si dans La Divine Comédie de Dante, le Diable est grotesque (ce qui était admis puisque le ton était satirique), chez Tasso, il est mu par un souffle épique. C'est un roi à l'aspect vénérable qui ne pense qu'à se venger de Dieu. Un mélange des deux traditions donc, classique et médiévale, dans l’œuvre de Le Tasse qui inspirera fortement Milton pour son Paradis perdu.

Satan selon Milton

S'il y a une œuvre qui a particulièrement marqué les esprits, c'est bien celle-ci. On retrouve les références à Milton quasiment dans toutes les œuvres fantastiques mettant en scène Lucifer, qu'elles soient littéraires, cinématographiques, ou télévisuelles. Le Paradis perdu est l'inspiration principale du Lucifer contemporain. 


Le Satan de Milton apparaît comme un rebelle indomptable, un guerrier mythique aux multiples facettes qui peut être doué de sentiments. Mais quand la figure héroïque commence à faire surface, elle est vite rattrapée par la soif de pouvoir et de domination. Des émotions profondément humaines en somme. S'il reste toujours la figure du mal, de l'orgueil et de l'exemple même de la voie qu'il ne faut pas suivre, le Satan de Milton est incontestablement le plus humain, car nous pouvons l'entendre et partager ses sentiments. Et c'est en cela, en montrant les défauts que nous partageons avec lui, qu'il est particulièrement charmant et bien plus proche de nous que n'importe quelle autre figure divine. 

La chute de Lucifer - Gustave Doré

 Il n'est donc pas étonnant que William Blake et le mouvement des romantiques ont vu en lui le véritable héros du Paradis perdu : il est un noble prince vaincu, dont le caractère et les idéaux ne sont point éclaboussés par la défaite ; bien au contraire, il n'en apparaît que plus charismatique. Si Milton avait l'intention de montrer une image du Diable très négative, l'effet fut tout autre. La personnalité de son Lucifer a fasciné le public, caractérisée par un désir profond d'expérimenter et d'exercer sa liberté en tant qu'individu coûte que coûte. Une image profondément romantique en somme. 

Lucifer - Gustave Doré
 

Chez Le Sage (et pour faire court, je crois que je te perds lecteur), Satan apparaît comme un homme juste et charismatique, mais dont la fréquentation mène forcément à sa perte. Il apparaît également comme un personnage à la psychologie complexe, doué d'intelligence et manipulateur. Mais ce qui est nouveau, c'est que de sa rencontre peut naître la richesse (intellectuelle notamment, encore une référence à la tradition classique). Mais le Satan de Le Sage a une nouvelle particularité, il est doué de franchise et n'a point besoin de mentir pour parvenir à ses fins. Il n'en a pas l'usage. Il ira même jusqu'à récompenser ses bons et loyaux serviteurs.

Il apparaît évident que la figure du Diable a considérablement changé entre le Moyen Âge et le XVIIe siècle, notamment grâce à Tasso et à Milton. Au début du XVIIIe siècle, son image est très novatrice, mélangeant la terreur inspirée par l'époque médiévale et la fascination complexe de l'héritage de Milton, à telle point qu'à l'époque suivante, l'ensemble sera repris par les auteurs qui feront de Lucifer le grand héros du XIXe siècle. 

 

Dans une seconde partie, je te parlerai, lecteur, de la figure du Diable sur le grand et le petit écran (avec des gifs et des vidéos), mais également dans la musique, parce qu'après tout, son héritage musical est aussi important que son héritage littéraire ;) 






Sources :

Wikipédia 
La Divine Comédie Dante
Le Paradis perdu John Milton
Le diable boiteux Le Sage
La Jérusalem libérée Torquato Tasso 

mercredi 15 juin 2016

Vampires, je vous aime.




Il y a des jours où le trop plein d'émotion, l'actualité ou la pression m'oblige à débrancher sous peine de laisser sur place un estomac déjà fortement abîmé. Le pauvre subit beaucoup trop de stresse, s’auto-mutile régulièrement et me lance des signaux fort du genre "Débrannnnnnnnnnnnche". Non, il ne me chante pas du France Gall mais me cloue sur mon canapé pendant des jours. Le salaud. Les estomacs sont tous des salauds. On leur fait confiance, on leur donne une fonction vitale et ils nous lâchent, comme ça, sans crier gare pour aller feignasser au soleil... Mais je m'égare. 

Je disais donc, débrancher. Tu le sais lecteur, je t'en ai déjà parlé, je révise en ce moment. Mes oraux sont dans 15 jours. 15 petits jours. De rien du tout. C'est donc bientôt. Je suis donc une vraie bombe à retardement. De plus, l'actualité ne m'aide pas à me détendre. Ce doit être la même chose pour toi je présume. Les gens et les évènements me donnent envie de m'isoler sur une île déserte, avec personne, enfin juste mon mari et ma fille. Et un accès internet. Faut quand même pas déconner. 

J'ai donc décidé d'écrire un article sur les vampires. Mais pas un article sérieux hein, car ça on s'en carre un peu l'oignon du sérieux en ce moment non ? Je ne vais pas philosopher sur le pourquoi du comment que j'aime les vampires. Émettre des hypothèses pseudo-psychologiques stipulant que le fantasme de la pénétration.... ou l'envie de manger les gens.... ou de se faire bouffer.... bref, on s'en fout. Je demande juste à mes vampires d'être charismatiques, méchants et de se foutre à poil. 




Alors, voilà, je vais te présenter mes vampires d'amour que je préfère. Pas forcément ceux de la littérature fantastique (bien que certains en font forcément partie), mais ceux du grand et du petit écran. Du plus loin que je me rappelle, j'ai toujours été fascinée par les vampires. Et ça date. Je crois que le premier film vampirique que j'ai pu voir était une version de Dracula. Celle de John Badham de 1979 avec Franck Langella. C'était à la télé bien sûr, et j'étais effrayée. Je me demande encore si c'était à cause des crocs de Dracula ou de son brushing.



Allez, on y va pour la présentation ? Il n'y a pas forcément de classement. Je les aime tous d'amour, pas du tout platoniquement, séparément ou tous d'un coup. Je ne suis pas difficile.

Lestat

Comment parler de vampires classieux et charismatiques sans penser à Lestat ? Hein ? Ce n'est juste pas possible. Quand je parlais de littérature plus haut, il est évidement que l'on doit cette merveille à Anne Rice (Anne je t'aime) et au réalisateur Neil Jordan qui nous a offert la cultissime adaptation cinématographique d'Entretien avec un vampire.


Pour moi, Lestat, c'est Tom Cruise. Et uniquement Tom Cruise. J'essaie encore d'oublier la pathétique adaptation de La reine des damnée avec Stuart Townsend (désolée Stuart).



Lestat donc, cruel, mégalo, charmeur (je crois que le mot est faible), serait capable de faire fondre un troupeau de nones... et de les bouffer après. Mais une grande sensibilité aussi, tout au fond de son petit cœur qui ne bat plus (si si Lestat !). On a envie de lui faire plein de câlins, même si on sait qu'on n'aura pas forcément le temps de tomber la culotte après. Je t'aime Lestat.

Ne me regarde pas comme ça...

Dracula

Le grand, le beau, le puissant Dracula. Bram Stoker nous l'a présenté, Hollywwod en a fait une icône. Certainement l'histoire (et le personnage) la plus adaptée au cinéma. Je t'ai parlé de la version de 1979 plus haut avec Frankounet, mais celle qui m'a fait le plus vibrer est bien celle de Coppola de 1992, avec un magnifique Gary Oldman sous les traits du Prince himself. 



Dracula donc, prince déchu et incompris qui a combattu des hordes de turcs pour sauver sa Transylvanie. Monstre cruel, vivant reclus dans son château gothique en ruine. Y a pas du gros fantasme là ? Hein ? Sans parler du dandy déambulant dans un Londres victorien, que celles qui n'en a pas rêver me jettent le premier pieu. Je n'ai qu'une envie quand je le vois, c'est desserrer mon corset ! (et pouvoir respirer). 



De plus, c'est un homme (enfin, j'me comprends) qui a le cœur brisé et qui a perdu son grand amour (allez-y les filles, faites la queue) et qui peut faire preuve de beaucoup de tendresse quand il retrouve sa moitié.



On a même parfois tendance à oublier que c'est un monstre sanguinaire, un vrai, et qui ne brille pas au soleil, d'ailleurs ça le fait bien marrer !


Il y a une autre version, très différente, que j'ai beaucoup aimé, c'est celle de Dracula Untold. Pour plusieurs raisons. Déjà, c'est un préquel puisque nous voyons Vlad avant qu'il ne devienne un vampire. Et puis il y a Luke Evans. Luke Evans souvent nu. Luke Evans qui se bat avec une épée. Luke Evans partout. Tout le temps. Même dans son bain. Luke Evans.









Bref, je n'ai qu'une chose à dire : Luke Evans.

Spike

Ahahah, fan de Buffy, ne t'en déplaise, je n'aime que Spike et je n'aimerai que Spike jusqu'à l'infini !


Pourquoi ? Parce que ! C'est une explication qui en vaut une autre. Pour sa coupe à la Billy Idol, pour sa connerie et sa badasserie (oui j'invente des mots), pour ses tendances psychopathes, pour sa passion toute personnelle pour Buffy...



Il n'est guère différent de certains héros de la littérature érotique actuelle, sauf que lui il a une bonne excuse pour jouer les psychopathes : il n'a pas d'âme. Cela dit, je l'aime, d'amour, il a été et il restera mon grand fantasme de jeune adulte devant l'éternel.

C'est bon, fais pas cette tête...

Jerry Dandridge

Vampire, vous avez dit vampire ? Tu t'en rappelle lecteur ? Tu étais peut-être trop jeune, mais pour moi, ce fut le premier film de vampire vu au cinéma, j'avais 11 ans. Ce fut un grand moment dans mon cœur et dans ma culotte, mes premiers émois transpireux, oui, je suis profondément tombée amoureuse de Jerry, alors interprété par Chris Sarandon.


Il avait la classe dans son costume année 80, le sourire charmeur et il ne se nourrissait que de bombasses avec des gros seins. Il était méchant et j'étais contente qu'il meure à la fin, mais quand même, il me faisait des choses dans mon corps, surtout pendant cette scène, dans la boîte de nuit, où il traque Emmy (oui Jerry traque, il ne drague pas lui !)

Chaleuuuuuuur !
Le regard de braise et la démarche féline, le tout sur une super musique hyper branchée du moment que maintenant quand j'y pense j'ai honte. Mais j'aime TOUJOURS Jerry.

video


Maintenant, je suis grande (j'ai dit grande, pas vieille !) je regarde toujours Jerry avec une infinie tendresse.



Eric

Amis de La Communauté du Sud, je vous salue bien ! Cette génialissime série qui se termine comme une bouse (Charlaine, je te hais) aura au moins eu le mérite de créer ce dont j'avais toujours rêvé : le vampire viking. Tu sais à quel point j'aime les vikings. Et à quel point j'aime les vampires. Donc tu penses bien que le mélange des deux est pour moi une espèce d'apothéose. Orgiaque. Et puis il y a eu la série télé, True Blood. Et là, double orgasme.



Oui, car quand on a lu la série, on ne peut qu'approuver le choix de l'acteur, Alexander incarne un superbe Eric. Quand on a lu le tome 4, et que mon viking saute enfin Sookie (désolée mais je l'ai attendu, cette scène, pendant longtemps, alors je voulais du sexe, du vrai, du qui mouille tout et casse tout sur son passaaaaaaaaaaaaaaaaaaage !) on ne peut qu'approuver, encore une fois, le choix de l'acteur... 



La série télé est rapidement partie en sucette (j'ai abandonné après la saison 4) mais c'était plutôt jouissif de voir ce personnage, que j'ai adoré, à l'écran. En bref, Eric forever.


Damon Salvatore

Dans la série The Vampire Diaries, je prends le grand frère. Pas que le cadet ne soit pas intéressant, mais il est juste chiant. Damon est violent, brutal, parfois cruel, calculateur et il ne cède pas à la mode végan vampirique du moment (il sauve au moins les écureuils, lui !). Il se nourrit de sang humain, boit des litres de whisky et adore la compagnie des femmes.


Il est aussi fou amoureux d'Elena, mais ça, on s'en tape. Il est ce pourquoi je regarde la série, sans lui, j'avoue que je n'y aurait même pas jeté un coup d’œil. Les amours adolescents, ça me gonfle, j'ai passé l'âge, mais avec lui et son sarcasme toujours déplacé, ça se laisse regarder, et j'irais même jusqu'à dire qu'on se laisse facilement prendre au jeu. Et même qu'en ce moment je me tape plusieurs épisodes par jour. Mais chut. Faut pas le dire. En bref, Damon.



Klaus

Voilà. Nous y sommes. De The Vampire diaries à The Originals, il remporte tous les suffrages. Bien que dans mon cœur, son frère Elijah tienne une place particulière, j'aime Klaus profondément dans ma culotte.



C'est une véritable enflure mégalo, il est manipulateur et cruel, mais putain, qu'est-ce-qu'il est canon !


Voui, même là. J'ai envie de lui réciter des poèmes d'amour, je vais d'ailleurs en faire un, là, tout de suite :

"Klaus, Klaus, Klaus,
Dévore-moi Klaus,
Klaus, Klaus,
Attache-moi Klaus,
Klaus,
Klaus, Klaus"

Voilà, je sais, c'est du talent à l'état pur, tu pourras d'ailleurs t'inspirer de mon poème pour trouver le titre de ton prochain roman érotico-psychopathe lecteur, il est libre de droits.

Klaus approuve !

Tu auras noté que mes préférences vont vers les vampires méchants, pervers et égocentriques, en bref, des enflures à l'état pur, parce que c'est comme ça que je les aime. Et tout-à-fait entre nous, ils me font moins peur que Christian Grey.


Parce que ce sont des vampires, des monstres issues de l'imaginaire et que part définition, ils sont dangereux, mais en vrai... ils n'existent pas. J'ai beaucoup plus de mal avec les trous du cul quand ils ne portent pas de crocs. 

Sur ce, je te souhait une bonne journée lecteur, ça m'a fait du bien d'écrire cet article, merci donc de le lire. Prend soin de toi et des autres ;)



mercredi 11 mai 2016

Le Journal secret de Charlotte Brontë



Le Journal Secret de Charlotte Brontë
de James Syrie

Éditions MILADY

Sortie le 25 mars 2016
Format broché / 672 pages / Prix 15,20 €



Présentation de l'éditeur :

« J’ai écrit sur les joies de l’amour. Au fond de mon cœur, je rêve depuis longtemps de vivre une relation intime avec un homme. Chaque Jane, j’en ai la conviction, mérite son Rochester. »
Même si Charlotte Brontë est pauvre, au physique quelconque et sans relation, elle possède une fougue qui ne se révèle qu’à travers ses écrits. Vivant retirée dans le Yorkshire avec ses sœurs, son frère et un père qui devient aveugle, elle rêve d’un amour réel aussi dévorant que ceux qui peuplent son imagination. Au fil des pages de son journal intime, Charlotte Brontë nous livre ses sentiments sur les hommes qu’elle rencontre ainsi que ses désirs les plus secrets...
« Les fans de biographie et de romance seront ravis, car Syrie James met en scène la lutte et le succès, l’incommensurable douleur du deuil ainsi que le bonheur de l’amour soudain et inattendu avec justesse et passion. »
Jane Austen’s World
« Une histoire d’amour enchanteresse pour Charlotte Brontë. La fiction et la réalité se mêlent habilement pour une lecture hypnotique. »
Austenesque Reviews


Mon avis :
 
Pour le bicentenaire de la naissance de Charlotte Brontë, les éditions Milady nous offre une petite merveille de 658 pages qui ravissent nos yeux de fan de Jane Eyre, mais qui comblent aussi les grands romantiques que nous sommes. En effet, qui n'a pas rêvé de lire une biographie romancée de son auteur préféré ? Avec tous les ingrédients attendus d'une bonne romance ? Lesquels me demandez-vous ? Eh bien une rencontre quelque peu catastrophique, des sentiments profonds non partagés, quelques péripéties et un héros déterminé pour lequel on développe une empathie profonde.

Syrie James, dont j'étais déjà fortement tombée amoureuse après son Dracula, mon amour publié dans la collection Black Moon et Le Manuscrit perdu de Jane Austen réédité chez Milady, nous invite à entrer dans l'intimité de l'auteur à travers un journal fictif qu'elle aurait tenu quotidiennement. Partant du postulat qu'il aurait été découvert après sa mort en 1855, Syrie James prête sa plume avec délicatesse, mais aussi avec une grande sincérité, car si, à la base, ce journal n'existe pas, il se compose tout de même de faits biographiques avérés.

Loin d'inciter à l'ennui, nous découvrons au fil des pages la vie de Charlotte Brontë et de ses proches, mais également et non sans étonnement celui qui sera le plus grand bonheur de sa vie, son mari Arthur Bell Nicholls, véritable héros romantique qui, dès leur première rencontre, développera une véritable passion pour Charlotte.
L'ensemble est beau, particulièrement bien écrit et Charlotte apparaît véritablement comme une grande héroïne de roman et c'est certainement le plus bel hommage qu'on pouvait lui rendre. Merci donc à Syrie James d'avoir si magnifiquement travaillé, encore, et nous espérons lire à nouveau sa plume très bientôt.





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vendredi 15 avril 2016

Batman v Superman v Critiques v Public v... heu... il y en a trop.



S'il y a un film qui défraie la chronique à l'heure actuelle c'est bien celui de Zac Snyder. Si Batman v Superman était très attendu par les fans et le public en général, l'accueil fut violent à tel point que critiques professionnels et fans vomissent encore leur haine sur les réseaux sociaux. D'ailleurs, je me demande souvent si nous avons vu le même film, car s'il n'est pas exempt de défauts, Batman v Superman est très loin de mériter un tel acharnement.

Tout d'abord, Batman v Superman se veut l'adaptation du très célèbre comics de Franck Miller Batman : The Dark Knight Returns , du moins, Snyder ne se cache pas de s’en être inspiré fortement. Mais comme toutes adaptations de comics, de livres, ou de ce que vous voulez, le résultat est avant tout la vision toute personnelle d'un réalisateur. On adhère ou pas à cette vision, mais en aucun cas il n’est pertinent de parler de fidélité totale ou non à l’œuvre originale, c'est un non-sens, car ce que l'on attend d'un réalisateur, c'est une certaine singularité qui, par définition, diffère du support d'origine. Cela me paraît tout de même assez logique, hein, mais apparemment ça ne l’est pas pour tout le monde. Je le répète pourtant souvent, je vais finir par me fatiguer.


Batman : The Dark Knight Returns donc, et en effet, nous retrouvons pas mal d'éléments de l'histoire de Miller dans le film : un Batman vieillissant, très sombre, qui a déjà combattu le crime depuis plus de 20 ans, a vécu la perte d'un Robin et n'a jamais été aussi hanté par le meurtre de ses parents.

Ces éléments font de notre Bruce Wayne certainement l'un des plus sombres et tourmentés vus à l'écran à ce jour. Ben Affleck le campe merveilleusement, sans surenchère et avec beaucoup de puissance. S'il y a une chose sur laquelle les haters sont d'accord, c'est que malgré toutes leurs réticences, Ben Affleck est un excellent Batman (c'est déjà ça !). Autre élément du comics présent dans le film, le costume du Bat, parfait à tout point de vue.



Nous voilà dans un background connu des lecteurs de comics, moins de ceux qui n'en lisent pas à qui certaines références ou clins d’œil peuvent échapper, mais en aucun cas interférer dans la compréhension de l'histoire. Et c'est là que la vision de Snyder se met en place, l'intrigue, la chronologie, la mise en scène toute en virtuosité.

L'histoire prend place juste après les événements de Man of Steel, on connaît donc Superman, presque intimement et, pendant son combat final avec le Général Zod, Bruce Wayne assiste impuissant à la destruction massive de Metropolis (après celle de Smallville). Dès lors, Superman est vu par Bruce comme une menace que personne ne pourra contrôler. Agacé par l'aura quasi christique de l'Homme de fer, Bruce ne voit en lui que le Kryptonien, l'extra-terrestre qu'il doit éliminer pour sauver sa planète.



Voici le premier tour de force du réalisateur, la logique de l'histoire, la continuité avec Man of Steel, et cette grande et énorme scène qui ouvre le bal, parfaitement maîtrisée et qui donne le ton du film ; on sent très bien le « ça va chier !!!! ».



Dès lors, BvS alterne entre scènes de combats (celles avec le Batman sont stupéfiantes, puissantes, violentes, et j'ai envie de dire : ENFIN !!!) et questionnements sur les conséquences des actes des super-héros. C'est intelligent, plutôt bien amené et donne lieu à de très jolies scènes presque contemplatives. Mais là où le public s'est perdu, c'est au niveau de la continuité narrative. Le film contient pas mal de scènes de rêve qui coupent le rythme et qui peuvent donner l'impression d'un montage chaotique. Personnellement, cela ne m'a pas gênée du tout et certaines scènes de rêve servent même parfaitement l'intrigue, mais je peux comprendre que cela déstabilise un peu. Cependant, de là à crier au scandale et au montage, je cite, « merdique », faut pas non plus pousser mémé. Ceux qui se plaignent de n'avoir « rien compris » exagèrent un brin, ma fille de 9 ans a tout pigé des 2h40 du film, et elle n'a que... 9 ans, hein ! Elle est en CE2... enfin je dis ça, je dis rien.



Autre point du film sujet à controverse, la manière dont Batman et Superman redeviennent potes, ou du moins arrivent finalement à une entente. Je ne vais pas spoiler le film, mais ce moment-là, qui se doit d'être fort et plein d'émotions est tourné en ridicule par des gens qui n'y ont rien compris. C'est fort dommage, car même s’il ne dure pas très longtemps, il est pourtant plein de sens et je dirais même fortement bien trouvé. À ce moment précis de l'histoire, Batman voit enfin en Superman l'humanité qui lui manquait et ce parallèle basé sur un prénom est totalement novateur et n'a même jamais été fait par un auteur de comics. J'ai trouvé cela beau, gonflé certes, mais beau, cohérent avec l'ensemble et surtout le caractère fort torturé de notre Bruce, dont l'obsession malsaine pour la mort le menait droit à sa perte.

Alors oui, il y a des choses qui m'ont agacée comme un Lex Luthor qui passe plus pour un bouffon que pour le véritable psychopathe qu'il est vraiment. Il ne fait donc pas assez peur à mon goût, malgré tout le respect que j'ai pour l'acteur. La présentation bien trop rapide des membres de la Justice League m’a aussi déçue, mais bon, ça se comprend, le film ne pouvait pas faire 4 heures non plus.


 Batman v Superman a des imperfections, mais il reste tout de même un très bon film de super-héros, intelligent, bien interprété, dont les scènes de combats sont le point fort (Snyder est vraiment doué pour ça et nous offre ce que Christopher Nolan n'a pas su faire), sans parler de l'arrivée badass de Wonder Woman qui a une putain de classe.


On a le droit de ne pas adhérer, aimer, le travail du réalisateur sur ce projet et certaines critiques sont légitimes, mais ce qui me gêne le plus, c'est le déferlement de haine extrêmement malsain que j'ai pu lire. Ce bashing violent avait déjà fait son apparition lors de la sortie du dernier Star Wars, mais là je crois qu'on atteint le summum de la connerie. Les gens se comportent comme si ces personnages et ces univers fictifs leur appartenaient, j'ai l'impression d'entendre parler de religion...

Oh, les gars, Batman et Superman, ils n'existent pas en vrai, hein ! Leurs histoires, publiées depuis plus de 75 ans, ne sont pas des Évangiles, elles ne dictent aucune ligne de conduite et si les comics peuvent parfois faire passer des messages forts (et il me semble que c'est le cas de beaucoup d’œuvres artistiques) ils n'ont pas vocation à montrer la voie ou apporter « La bonne nouvelle ». Vous allez faire quoi la prochaine fois ? Poser des bombes ? L'ennemi à abattre sera celui qui a aimé le film (ou pas) ou qui se balade avec un tee-shirt Batman sans avoir lu un comics ? Vous vous prenez pour qui ? Les détenteurs de la sacro-sainte culture comics ? Et faut-il que nous soyons absolument d'accord avec vous ? Sous peine de se faire flageller la gueule... ou se faire démonter sur les réseaux sociaux comme si on était des merdes sans cervelle ?

La pop culture, mes amis, n'appartient à personne en particulier, elle appartient à tout le monde, dans sa grande diversité. Que l'on soit lecteur de comics ou simplement fan d'adaptations, que l'on aime Marvel et/ou DC, Disney, Star Wars ou que l'on rêve en secret d'une sex tape avec Poe Dameron (comment ça je suis démasquée ?????)


cette culture-là se doit de rassembler et non de diviser. Ces dérives m'inquiètent beaucoup, m'attristent et me poussent à fuir les réseaux sociaux, quand l’événement réjouissant qu'est la sortie d'un film tourne au ridicule et au tragi-comique. Ce qui fut un temps un véritable plaisir, partager son enthousiasme et son avis avec d'autres personnes susceptibles de vous comprendre, est devenu impossible et nous oblige finalement à faire comme avant, garder pour soi son avis, son bonheur ou son mécontentement. 
Un comble, à l'heure où l'on peut enfin parler de super-héros, sans passer pour un satellite en orbite. Dommage.


Tout cela attriste beaucoup Loki également... (bon oki c'est juste une excuse pour poster son gif...)